Chapitre 0 : Les Européens dans le peuplement de la Terre (3)

III. Les migrations au XIXe siècle.

Comment s’effectuent les  dynamiques migratoires européennes au XIXe siècle ?

A. Des motivations très différentes.

1°) Une fuite des conditions de vie locales :      

         Des situations politiques peuvent pousser les Européens à émigrer pour se réfugier dans d’autres pays. C’est le cas du musicien polonais Fr. Chopin qui refuse de jouer devant le tsar (la Pologne est annexée) et émigre vers la France.

         La culture artistique et religieuse se révèle parfois la source d’un départ vers l’étranger : Madox Brown, The Last of England (1855), pogroms antisémites, persécutions des Irlandais catholiques par les protestants.

         Parallèlement, la faim (maladie de la pomme de terre en Irlande), la pauvreté (morcellement de la terre) forment le creuset de la misère condamnée par des politiciens : « faites maintenant des lois contre la misère » (V. Hugo).

2°) Une recherche du bonheur ailleurs :

         Partant du même constat, le maire alsacien Achard évoque un projet pour soulever les espoirs des populations rurales. Il s’agit de leur faire miroiter les terres des colonies nouvellement conquises (ex. Algérie française).

         Du côté des classes laborieuses, l’espoir se lit aussi chez la main-d’œuvre qui quitte les campagnes pour trouver du travail dans les industries des villes. Les maçons creusois rappellent leur détermination pour atteindre Paris.

         Le tableau de Brown montre aussi que les classes moyennes n’hésitent pas à tourner le dos aux métropoles (falaise de Douvres), les yeux résolument tournés vers l’avenir. Le peintre lui-même a failli s’embarquer pour l’Inde.

 

B. Des destinations variées.

         Les destinations se révèlent nombreuses. A l’échelle locale, l’exode rural entraîne une industrialisation qui facilite la révolution agricole. Celle-ci libère de la main-d’œuvre qui accentue l’urbanisation et l’industrialisation. Des journaux dissuadent parfois d’émigrer (La Croix de Limoges, 1896).

         Bien que les déplacements à pied ou en voiture (cheval) demeurent courants (maçons creusois), la révolution industrielle facilite les transports (trains et bateaux à vapeur), donc les déplacements à l’échelle mondiale.

         Au XIXe s, les deux-tiers des Européens émigrent en Amérique du Nord. Les Italiens optent pour l’Amérique du Sud. Les métropoles incitent à créer des colonies de peuplement : Australie/Canada britanniques, Algérie française.

 

         Les migrations résultent autant de la fuite de la misère que de la recherche du bonheur, incitées plus ou moins par les Etats. Les nombreuses destinations sont autant fruits que facteurs de la révolution industrielle et de la colonisation.

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